L’investigation incendie permet de reconstituer le chronologie d’un incendie par le biais de la dynamique du feu. Elle est parfois appelée Recherche des Causes et Circonstances d’Incendie (RCCI). Lorsqu’un incendie désastreux se produit, les enquêteurs doivent déterminer où et comment le feu a démarré. Ils doivent aussi statuer sur son origine accidentelle ou intentionnelle. S’il s’agit d’un incendie intentionnel, les conclusions de l’enquêteur peuvent conduire à des accusations criminelles. Si l’incendie a causé des décès, une personne peut être accusée de meurtre.

Quelle était l’ancienne approche pour rechercher l’origine d’un incendie?

Avant 1992, il n’existait pas de guide unique et uniforme sur la façon d’enquêter sur un incendie. Les premières enquêtes sur les incendies reposaient sur un enseignement fondé sur l’expérience. Il était transmis de génération en génération par des enquêteurs expérimentés dans l’analyse des incendies. Ces connaissances étaient en grande partie fondées sur l’observation et l’intuition. Elles n’étaient donc pas basées sur une véritable science ou sur des procédures de sécurité incendie permettant d’obtenir davantage d’informations sur un incendie. Il existe de nombreuses traces et indices d’un incendie intentionnel. On citera par exemple les traces de brûlure, la présence d’un accélérant, les fissures dans les fenêtres… Ces dernières étaient souvent considérés comme des preuves sans être vraiment remises en question. Cela change grâce à des découvertes accidentelles et à des recherches scientifiques. Il apparait maintenant cette approche conduit à des conclusions erronées. En conséquences, de nombreuses personnes étaient et sont encore condamnées à tort pour incendie criminel alors qu’il n’y avait en fait aucun crime.

Quelle est l’approche moderne en RCCI?

En 1992, la première publication Étasunienne de la National Fire Protection Association, NFPA 921 (« Guide for Fire and Explosive Investigations ») a introduit l’utilisation de la méthode scientifique dans les enquêtes sur les incendies. La NFPA 921 a été accueillie avec beaucoup de résistance aux Etats-Unis, mais en l’an 2000, ce document a fini par être largement accepté comme fournissant une base commune solide pour enquêter correctement sur un incendie. Grâce à la recherche scientifique et aux expériences, les scientifiques spécialisés dans les incendies commencent à mieux comprendre le comportement d’un incendie dans diverses conditions. C’est notamment le cas pour la façon de lire les traces de l’incendie après un embrasement généralisé ou avec une ventilation limitée. Cependant, les taux d’erreur sont encore largement méconnus. Pour ces raisons, et afin d’éviter les accusations injustifiées d’incendie criminel, les enquêteurs sur les incendies sont maintenant chargés d’utiliser ces résultats scientifiques pour enquêter sur l’origine et la cause d’un incendie. Toute allégation de présence d’un accélérant doit désormais être testée en laboratoire avant de pouvoir être utilisée dans l’analyse de l’enquêteur. Les nouvelles recherches et découvertes ont brisé des dizaines de mythes sur les incendies criminels, car la science continue de s’améliorer. En France, la NFPA a été traduite pour la première fois en 2012, soit près de 20 ans plus tard. Il n’y a toujours pas d’exigences minimales en matière de formation pour qu’un expert soit jugé compétent.

Fausses expertises d’incendie et condamnations injustifiées : l’exemple des US.

Les projets d’innocence est une association qui lutte contre les victimes accusées à tord de divers crimes. Cette association a examiné de nombreuses condamnations pour incendie criminel et a constaté que nombre de ces condamnations étaient fondées sur les méthodes non scientifiques des enquêteurs RCCI. Leurs conclusions reposaient sur des « traces » d’incendie criminel. Ces traces et indices sont aujourd’hui contestés après des expériences en laboratoire.

Une disculpation survenue en 2012 dans le Michigan illustre comment de nouvelles recherches scientifiques peuvent prouver l’innocence d’une personne. David Lee Gavitt a été condamné pour avoir tué sa femme et ses enfants dans un incendie qui a embrasé sa maison. La condamnation de Gavitt a été annulée sur la base d’une nouvelle analyse de l’incendie de 1985. Les nouveaux experts ont conclu à l’existence d’un embrasement (phénomène par lequel un feu brûle pour finalement exploser et engloutir une pièce entière). Lorsque l’embrasement se produit, l’interprétation des caractéristiques de l’incendie devient difficile et conduit souvent à des conclusions erronées sur l’origine et la cause de l’incendie. Certains services de pompiers mettent souvent en scène un simulateur d’embrasement éclair pour tenter de définir ce que pourraient être l’origine et la cause d’un incendie. John Lentini, l’un des plus éminents spécialistes des incendies américain, a déclaré dans une déclaration sous serment que les experts « ont regroupé les mythes [d’incendie criminel] » et « qu’à la lumière de la science moderne des incendies, il n’y a tout simplement pas l’ombre d’une preuve crédible que l’incendie… était intentionnel » et « qu’il a été allumé intentionnellement ».

Au Texas, l’application de la nouvelle science n’a pas été aussi bien accueillie. En 1991, un incendie s’est déclaré dans la maison de Cameron Todd Willingham et a coûté la vie à ses trois filles. Willingham a toujours clamé son innocence, mais les enquêteurs et les procureurs ont insisté pour que Willingham soit coupable en se basant sur des mythes dépassés concernant l’origine et la cause de l’incendie. Un jury a finalement reconnu Willingham coupable de meurtre sur la base du témoignage d’un enquêteur expert en incendie et d’un informateur douteux en prison. Willingham a été condamné à mort. En 2004, après que les techniques d’analyse d’incendie aient été développées grâce à la recherche scientifique, Gerald Hurst, expert reconnu au niveau national, a réanalysé le cas de Willingham et a déterminé que le témoignage antérieur de l’expert en incendie était incorrect. Les autorités de l’État n’ont pas donné suite aux nouveaux rapports et Willingham a été exécuté en 2004. « L’épreuve du feu » sortira en mai 2019 et présentera l’histoire de Willingham.

Joann Parks, est une autre victime des fausses analyses d’incendie. Seule survivante de l’incendie d’une maison en 1989 qui a tué ses trois enfants, les enquêteurs l’ont finalement, et à tort, accusée d’avoir déclenché l’incendie. Nous savons maintenant, grâce à de nouvelles recherches scientifiques, qu’il existe de nombreuses explications de l’origine de l’incendie innocentant Joann. Elle a été condamnée pour un crime qu’elle n’a pas commis.

En France, l’aura de l’expert incendie pèse encore lourd et la démarche scientifique n’est pas suffisamment mise en avant. Atossa encourage les tribunaux à questionner la méthodologie scientifique adoptée lors de l’expertise.

La connaissance scientifique est la pierre angulaire de l’approche ATOSSA.

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